Sur le générique d’un film, les métiers du cinéma défilent pendant cinq minutes. Le public en connaît trois ou quatre. Derrière un long-métrage d’1h30, il y a pourtant des centaines de personnes qui ont travaillé pendant des mois, depuis la première version du scénario jusqu’à la sortie en salle. Voici qui fait quoi, ce qui sépare vraiment ces postes les uns des autres, ce qu’ils paient et par où on y entre.
| Métier | Phase | Rémunération | Formation type |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Tournage | 1 651,15 € / semaine (minimum conventionnel) | ESRA, La Fémis, ENSAV |
| Scénariste | Préparation | 23 375 € à 31 624 € brut / an | CEEA, CLCF |
| Producteur | Préparation | Variable, souvent indexé sur le budget du film | ESRA, BTS audiovisuel gestion de production |
| Directeur de casting | Préparation | Au cachet, pas de grille publique | Pas de formation dédiée, expérience et réseau |
| Directeur de photographie | Tournage | Au-dessus du cadreur, selon le budget | ENS Louis-Lumière, La Fémis |
| Cadreur | Tournage | 20 740 € à 28 059 € brut / an | BTS audiovisuel option image |
| Ingénieur du son | Tournage | 34 000 € à 53 200 € brut / an | La Fémis, 3IS, ENS Louis-Lumière |
| Acteur | Tournage | 23 800 € à 32 199 € brut / an | Cours Florent, conservatoires, écoles de théâtre |
| Machiniste | Tournage | Grille technicien de la convention collective | Formation sur le tas, CFPTS |
| Monteur | Post-production | 20 740 € à 28 059 € brut / an | BTS audiovisuel option montage |
| Étalonneur | Post-production | Proche du monteur confirmé | Écoles spécialisées, autodidacte |
Sources : convention collective de la production cinématographique (IDCC 3097, grille applicable depuis janvier 2026) et données de marché HelloWork. Les montants annuels supposent une activité continue, ce qui reste rare dans un secteur très majoritairement intermittent.
Rien ne se filme avant des mois de travail de bureau. C’est là que le film devient finançable, ou qu’il meurt.
Le scénariste écrit l’histoire, les personnages et les dialogues. Il part d’une trame courte, le synopsis, puis développe une continuité dialoguée qui intègre déjà les indications utiles au tournage : description des scènes, décors, extérieurs. Le texte fait des allers-retours avec le réalisateur et le producteur jusqu’à ce que le récit tienne debout. De ce travail sort le storyboard, qui met tout le monde d’accord sur l’image avant qu’une caméra ne tourne. Le CEEA et le CLCF sont les deux formations les plus reconnues.
Le producteur porte l’argent et la responsabilité économique du film. Son travail se joue sur quatre fronts :
Le poste demande de l’organisation et le dos assez solide pour porter un budget qui n’est pas le sien. La production audiovisuelle d’entreprise marche pareil, en plus resserré.
Le directeur de casting ne cherche pas que les têtes d’affiche. Les seconds rôles et les figurants occupent l’essentiel de son temps. Il lit le scénario jusqu’à voir les visages, écume les plateformes de casting, organise les essais, passe par les agents pour les comédiens installés. Deux qualités comptent vraiment : l’intuition et le relationnel. Un comédien mal mis en confiance en audition ne donnera jamais son vrai niveau, et on passera à côté. Il n’existe pas de formation dédiée, c’est le plateau et le théâtre qui font la différence.


C’est la phase la plus visible et la plus dense en personnel, celle où la majorité des métiers du cinéma s’exercent vraiment. Sur un plateau, chaque poste est un maillon. Une défaillance et la journée est perdue.
Le réalisateur coordonne tous les professionnels qui travaillent sur le film, de la préparation au montage. Il lui faut assez de vocabulaire technique pour parler aussi bien aux costumiers qu’à l’ingénieur du son ou au directeur de photographie. Il dirige les acteurs, choisit le matériel, repère les lieux et rend des comptes au producteur sur le budget comme sur le calendrier. Le public confond souvent son rôle avec celui du producteur, nous avons détaillé la différence entre producteur et réalisateur dans un autre article. C’est la fonction la mieux protégée par la convention collective : 1 651,15 € brut par semaine au minimum, plus une indemnité repas de 18,56 € et une indemnité casse-croûte de 7,54 €. Pour y arriver, on passe presque toujours par le poste d’assistant réalisateur.
Le directeur de photographie, ou chef opérateur, décide de la lumière et de la texture de l’image. Le cadreur exécute le cadre à la caméra, gros plan, zoom, plan moyen, en anticipant les déplacements des comédiens. Deux fonctions distinctes, même si une seule personne les cumule sur les productions légères. Un cadreur gagne entre 20 740 € et 28 059 € brut par an selon son expérience. Le BTS audiovisuel option métiers de l’image et l’ENS Louis-Lumière ouvrent la porte, mais le plateau reste le meilleur professeur. On peut aussi commencer seul avec un appareil photo d’entrée de gamme. C’est également à ce poste que se tranchent les questions de fond, comme le choix entre un fond vert et un fond bleu pour les scènes à incruster.
L’ingénieur du son capte le son pendant les prises et règle son matériel sur l’ambiance décidée avec le réalisateur. Un perchman l’assiste et se déplace pour placer le micro au plus près sans entrer dans le champ. En post-production, il finalise les niveaux. C’est l’un des métiers techniques les mieux payés, entre 34 000 € et 53 200 € brut par an, et celui qui demande le niveau d’études le plus élevé : La Fémis, l’ENS Louis-Lumière ou l’institut 3IS. Le poste déborde largement du cinéma, la radio et la télé emploient beaucoup ce profil.
L’acteur incarne un personnage et en transmet les émotions au spectateur. La difficulté tient à l’amplitude demandée : passer d’un rôle comique à un rôle sombre avec la même justesse. Aucun parcours type, mais une école de théâtre reste le meilleur point de départ, suivie de beaucoup de castings et de seconds rôles. La rémunération se fait au cachet, autour de 23 800 € à 32 199 € brut par an pour ceux qui travaillent régulièrement.
Le machiniste installe et déplace tout ce qui porte la caméra : rails, travellings, grues. Poste physique, central dans la fabrication de l’image, et l’un des rares où la formation se fait encore sur le plateau. Le cascadeur remplace le comédien sur les scènes à risque. Il intervient sur :
Le métier suppose une base sérieuse en gymnastique, arts martiaux ou escrime, complétée dans des centres comme Campus Univers Cascades ou Action Training Pro. Le travail consiste surtout à évaluer le risque avant de le prendre.


Le tournage est fini, le film n’existe toujours pas. Ce sont les métiers du cinéma de la post-production qui lui donnent sa forme définitive.
Le monteur choisit les meilleures prises et assemble les scènes, sous Premiere Pro, Avid ou DaVinci Resolve. Son travail suit toujours le même ordre :
La technique ne suffit pas. Il faut comprendre l’intention du réalisateur et rendre le récit lisible, donc avoir de vraies qualités narratives. Un monteur gagne entre 20 740 € et 28 059 € brut par an. Le BTS audiovisuel option montage et post-production est la voie classique, mais c’est aussi l’un des métiers les plus accessibles en autodidacte, à condition de produire beaucoup. Un ordinateur correct et quelques accessoires de tournage suffisent pour se constituer une première bobine.
L’étalonneur harmonise les couleurs de tous les plans pour donner au film son unité visuelle. Autour de lui travaillent les techniciens des effets visuels. Sur les programmes d’animation, c’est un secteur entier qui prend le relais : character designer, animateur 2D et 3D, compositeur d’effets. Ces fonctions très technologiques comptent parmi les plus recherchées de l’industrie audiovisuelle française.


Les montants annuels du tableau supposent une activité continue, ce qui arrive rarement. La plupart de ces emplois relèvent du régime des intermittents du spectacle : payé au cachet ou à la semaine, avec des périodes travaillées entrecoupées de périodes sans contrat. La convention collective raisonne d’ailleurs en semaine, pas en mois. Les repères chiffrés à connaître :
| Repère | Valeur | Précision |
|---|---|---|
| Minimum hebdomadaire réalisateur | 1 651,15 € brut | Convention collective, janvier 2026 |
| Base de calcul hebdomadaire | 39 heures | 35 heures + 4 heures majorées de 25 % |
| Indemnité repas | 18,56 € | Par repas dû sur le tournage |
| Indemnité casse-croûte | 7,54 € | Sur les journées à horaires décalés |
| Seuil d’ouverture des droits | 507 heures | Sur 12 mois, régime des intermittents |
Deux personnes au même poste et au même tarif peuvent donc gagner du simple au double sur une année. Trois choses expliquent l’écart :


Chez les techniciens, l’ingénieur du son, avec une médiane autour de 40 000 € brut par an et des profils seniors à 53 200 €. Les postes de production, producteur et producteur délégué, montent bien plus haut, mais ils sont indexés sur le budget du film et n’obéissent à aucune grille publique.
Pas partout. L’image, le son et le montage ont des cursus balisés, La Fémis, l’ENS Louis-Lumière, l’ESRA, le BTS audiovisuel, et une école y fait gagner des années. La direction de casting, la régie et le machinisme s’apprennent encore sur le plateau. Dans les deux cas, le réseau construit pendant les premiers tournages pèse au moins autant que le diplôme.
Dix suffisent à couvrir toute la chaîne, dans l’ordre d’intervention :
Ce sont eux qu’on retrouve dans toutes les fiches métiers du secteur.
C’est dur les premières années. Les débutants enchaînent des contrats courts et n’ouvrent pas toujours assez d’heures pour l’intermittence. Beaucoup complètent avec des programmes institutionnels, du film corporate ou de la captation d’événement, qui font travailler régulièrement pendant qu’on se constitue une expérience de plateau.


Ces métiers du cinéma ne servent pas qu’au long-métrage. Le réalisateur, le cadreur, l’ingénieur du son et le monteur interviennent exactement de la même façon sur un film d’entreprise, une publicité, une interview filmée ou la captation d’un événement. Chez Redwood Production, nous constituons l’équipe projet par projet, selon ce que le film demande. Nos réalisations donnent une idée du résultat.
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