



Franchiser une entreprise dans l’audiovisuel peut sembler contre-intuitif : chaque projet est unique, les équipes varient, et la créativité occupe une place centrale. Pourtant, certains modèles se prêtent très bien à la franchise dès lors qu’ils sont duplicables : studios de production “packagés”, sociétés de captation évènementielle, agences de motion design, post-production standardisée, location/animation de photobooth vidéo, création de contenus pour entreprises, ou encore formats récurrents pour réseaux sociaux. La clé n’est pas de franchiser la créativité, mais de franchiser un système : process, qualité, vente, outils, promesse client. Voici 5 astuces concrètes.
Avant de vous lancer, entourez-vous de professionnels de la franchise, qui maîtrisent les réalités : consultant, avocat spécialisé, et idéalement un expert-comptable habitué aux réseaux. Ils vous aideront à structurer le modèle, chiffrer le pack d’entrée, définir les redevances, construire le manuel opératoire, et sécuriser les obligations (savoir-faire, assistance, marque, communication).
Le but est d’éviter les erreurs classiques : redevances mal calibrées, zones trop floues, contrat déséquilibré, ou promesse trop large. Un expert franchise vous fera aussi clarifier votre positionnement : “qu’est-ce qui est standardisé, qu’est-ce qui reste libre ?” Dans l’audiovisuel, cette frontière est essentielle.
Une franchise fonctionne quand le client achète une expérience prévisible. Dans l’audiovisuel, cela passe par une offre structurée : packs (captation, montage, déclinaisons), niveaux de service, délais, workflow, et critères qualité (son, lumières, charte, export). Construisez 2 ou 3 offres phares faciles à vendre, avec des options claires.
Standardisez le “cadre” : brief, devis, production, validation, livraison, SAV. Laissez de la flexibilité sur l’artistique là où c’est utile (style de montage, direction créa), mais imposez des standards sur ce qui protège la marque : qualité technique, respect des délais, relation client, gestion des retours. Vous franchisez la fiabilité.
Le manuel opératoire est votre “copie conforme” : il doit permettre à un franchisé de reproduire votre performance. Dans l’audiovisuel, il doit être orienté action : checklists de tournage, procédures de sauvegarde, naming des fichiers, templates de devis, scripts de vente, trames de brief, process de montage, grilles de validation, et règles de communication.
Faites-le vivant : documents courts, vidéos, exemples réels, modèles téléchargeables. Ajoutez des standards matériels (caméras, micros, éclairages recommandés), et une procédure claire pour valider une configuration. Objectif : éviter les improvisations qui dégradent la qualité.
Le recrutement est déterminant : un franchisé audiovisuel doit être à l’aise avec la relation client, la vente, la gestion, et la production. Le piège serait de recruter uniquement des profils “techniques” sans fibre commerciale. Définissez votre profil idéal : expérience, posture, sens de l’organisation, capacité à gérer des prestataires, et appétence business.
Côté formation, pensez “onboarding 30/60/90 jours” : immersion, formation aux outils, mise en situation commerciale, premiers tournages accompagnés, puis montée en autonomie. Prévoyez aussi une formation continue : nouvelles offres, nouveaux templates, tendances, qualité. Dans un secteur qui évolue vite, la formation est un avantage concurrentiel.
Enfin, la franchise dans l’audiovisuel se pilote avec peu d’indicateurs, mais les bons : chiffre d’affaires par offre, marge par projet, taux de conversion devis, délai moyen de livraison, satisfaction client, volume de retours, et trésorerie. Ajoutez des standards qualité : nombre de révisions incluses, formats livrés, délai de réponse, et process de sauvegarde (c’est non négociable).